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Philosophie · Terminale · Chapitre 1
Peut-on se libérer de son passé ?
IntroductionAnalyse du sujet · problématique · annonce du plan
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Amorce — entrer dans le sujet

🪶« Tourner la page », « faire table rase », « repartir à zéro » : le langage courant ne cesse de nous inviter à nous délester de notre passé, comme s'il était un fardeau dont on pourrait se défaire à volonté.

◈C'est cette évidence que le sujet met à l'épreuve : peut-on se libérer de son passé ?

ⅠTHÈSEPartie I
I · AThèse première — l'argument du temps — « le passé n'est plus »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧À première vue, il semble que l'on puisse se libérer de son passé.

◈En effet, le passé, par définition, n'est plus : il appartient à ce qui a cessé d'être.

◈Dès lors, comment ce qui n'existe plus pourrait-il encore peser sur nous ?

◈Cette intuition trouve son fondement le plus rigoureux dans l'analyse du temps menée par Saint Augustin.

I · BThèse première — l'argument du bonheur — « vivre le présent par la jouissance »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧On peut se libérer de son passé d'une seconde manière : non plus en raisonnant sur le temps, mais en détournant sa conscience vers les plaisirs du présent.

◈Puisque notre existence est brève, pourquoi la gâcher à ressasser ce qui fut ?

◈Cette voie se laisse penser à partir de la réflexion de Kierkegaard sur la finitude et l'homme charnel.

I · CThèse première — l'oubli — « la faculté d'oublier délivre »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Au-delà du temps qui passe (Augustin) et de la reprise (Kierkegaard), une puissance active nous délivre du passé : l'oubli.

◈C'est l'idée de Nietzsche.

ⅡANTITHÈSEPartie II
II · AAntithèse — impossible & illégitime — « le passé, socle de l'identité »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Cette première réponse, pourtant, se révèle illusoire : mon passé m'habite et resurgit malgré moi.

◈Bien plus, il ne pèse pas sur moi comme un fardeau extérieur — il me constitue.

◈On ne peut donc pas se libérer de son passé, car il est le socle même de mon identité.

◈C'est ce qu'établit le philosophe John Locke.

II · BAntithèse — le déterminisme — « nul ne se libère de ses causes »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Le passé ne fonde pas seulement notre identité (Locke) : il nous détermine. Spinoza le montre : nous nous croyons libres, mais nous sommes l'effet de notre passé.

II · CAntithèse — le déterminisme social — « on n'échappe pas à son origine »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Ce déterminisme n'est pas qu'une thèse abstraite : il est social, héréditaire, incarné. Zola et Eribon le montrent : notre origine nous suit.

ⅢSYNTHÈSEPartie III
III · ASynthèse — le dépassement — « se libérer sans nier son passé »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧La vraie libération n'est donc ni l'oubli (partie I), ni un projet impossible (partie II) : elle consiste à vivre avec tout son passé.

◈On peut se libérer de son passé sans nier son importance, en se l'appropriant par un acte libre et créateur.

◈C'est la récapitulation créatrice de Bergson.

III · BSynthèse — la liberté — « le passé n'a que le sens que je lui donne »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Si le passé dure en nous (Bergson), nous n'en sommes pourtant pas les esclaves. Sartre le montre : c'est notre liberté présente qui décide du sens de notre passé.

III · CSynthèse — le récit de soi — « se libérer, c'est se raconter autrement »
I

Introduction — l'idée directrice de la sous-partie

❧Comment, concrètement, se réapproprier son passé ?

◈Par le récit qu'on en fait. Ricœur l'appelle l'identité narrative.

Conclusion généraleLa réponse à la problématique & l'ouverture
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Bilan du parcours — ce que le devoir a établi

🧭Peut-on, et est-il légitime, de se libérer de son passé ?

◈Il a d'abord semblé que oui : le passé « n'est plus » (Augustin), on peut le reprendre (Kierkegaard), et l'oubli en délivre (Nietzsche).

⚖Mais cette réponse s'est révélée illusoire : le passé est le socle de l'identité (Locke) et il nous détermine — métaphysiquement (Spinoza) et socialement (Zola, Eribon).

◈Le dépassement : se libérer n'est pas effacer mais se rapporter librement à son passé — par la durée (Bergson), le projet (Sartre), le récit (Ricœur).